- Bienvenu mon cher public adoré ! Nous sommes encore au rendez-vous pour une nouvelle aventure avec nos Bloody lofteurs.
- OUAAAAAAAAAAAIS !
- Alors, la connexion est-elle établie ? Allô le loft ? Allô ? ... On me prévient qu'il y a un problème de liaison avec le loft. Mais ce n'est pas grave ! On se retrouve après la page de pub ! Ne quittez pas !
Le prompteur s'arrêta et Inês demanda ce qui se passait. On lui répondit qu'il y avait un problème de connexion avec le loft mais qu'il serait réglé d'un instant à l'autre. Elle alla dans sa loge et s'affala dans le fauteuil. Cette émission commençait déjà à lui taper sur le système. « Si ça se trouve ces malades de lofteurs ont coupé les caméras. S'ils sont là-dedans, c'est pas pour rien, ce sont des dérangés psychologiques... » se dit notre animatrice. Après l'annonce officielle de l'arrêt de l'émission de ce soir pour cause de problèmes techniques, elle retourna chez elle. En ouvrant le frigo, malheur !, il ne restait plus que des fishsticks de Findus et des Aiki Noodles. Alors, avec ses baskets Nike, elle s'affala sur le divan où elle dégusta ce mélange peu appétissant devant sa télévision Sony. Elle n'était décidément pas motivée pour cette émission.
Julien et Carole s'étaient enfermés dans la Salle Sans Micro ni Caméra. Cela faisait maintenant une heure et demie qu'ils y étaient. Tout le monde avait déjà compris ce qui se passait entre eux, il suffisait de les regarder. Carole avait jeté son dévolu sur lui depuis le début de cette aventure qui les conduisait à leur perte.
Lorsqu'ils sortirent, ils ne furent pas étonnés de voir tous ces regards posés sur eux.
- Vous n'avez jamais vu un couple de votre vie ou quoi ? s'écria Carole toute excitée.
- On n'a jamais vu deux glands en couple... se contenta de répondre Jonathan.
- Tu ferais mieux de la fermer Monsieur j'ai peur des cochons ! se mit à crier Catherine.
Durant les nombreux jours passés dans le loft, les épreuves s'enchaînaient sans relâche. Les candidats avaient dû affronter une épreuve qui relève des plus sévères entraînements de l'armée américaine : égorger un animal pour survivre en milieu hostile. Jonathan détestait les cochons. Si on lui avait demandé de tuer Paul ou Julien ou encore Carole, ça ne l'aurait pas dérangé mais un cochon... Depuis son plus jeune âge, il avait une peur monstre des porcs parce qu'il eut le malheur de tomber dans leur enclot chez ses grands-parents. Après la remarque de Cath, il monta dans sa chambre et écouta un de ses nombreux cd.
Omy et Lamia étaient dans la salle de bain. Elle prenait un bain et lui une douche, la salle de douche des garçons étant occupée.
- T'as des belles fesses mon p'tit chéri ! dit Lamia en riant.
- T'en as pas marre de mater mon beau petit cul ?
- Jamais mon amour !!! dit Léo en entrant dans la pièce.
Léo avait une petite habitude bien à lui, il adorait prendre les essuies des filles. « Plus doux donc moins agressifs avec la peau » disait-il.
- Lamia, je te prends ton essuie ok ? Merci ! dit Léo tout en s'éclipsant.
- Hé PUTAIN MON ESSUIE J'EN AI PAS D'AUTRE CONNARD !
Lamia cria à l'aide au grand désespoir d'Omy. Laetitia accourut à son secours et lui donna ce dont elle avait besoin. Elle était vraiment trop bonne...
La Lettre arriva dans la boîte et ils étaient tous assis sur leur chaise à attendre la prochaine « Bloody Mission » Markus qui était bien calme se mit à trembler lorsqu'il commença à lire à voix haute.
- ... Et vous devrez attraper les cochons que vous n'avez pas encore égorgés qui, à l'heure qu'il est, sont dans la forêt. La chasse commencera à minuit tapante.
Ils se regardaient tous, la peur se lisait dans leurs yeux. La forêt, les cochons, la nuit, ils perdraient sûrement cette mission. Ils étaient tous démotivés et Paul afficha son désespoir le premier en cognant dans la porte de la salle à manger. Markus se précipita aux toilettes et Omy alla se griller une cigarette en compagnie de Catherine et Carole sur la terrasse. Lamia et Laetitia se regardèrent et se mirent à rigoler. Quant à Julien, il regardait avec compassion celles qu'il surnommait « les soeurs poubelles ». Décidément, l'amour ne régnait plus dans cette demeure paisible et sans histoire.
- Tu sais Julien, je sens que quelque chose va se passer, quelque chose de pas gai, dit Carole.
- Ouais, encore une mission de merde ! Demain, c'est la chasse aux cochons... Ca promet !
- On va se faire des travers de porc rôtis, slurp ! lui répondit-elle.
- Me fais pas vomir s'il te plaît... Bonne nuit et essaie de garder tes mains chez toi cette fois! Je suis fatigué.
Le lendemain matin, tous les participants eurent d'affreuses douleurs au ventre. Ils finirent par tous se retrouver à faire la file pour les toilettes. Léo eut la merveilleuse idée de creuser un trou dans le jardin pour les envies très très pressantes.
- Putain, c'est quoi ce bordel ? se mit à crier Jon.
- Mmmmh je sais mmmmmmh pas ! Oh merde ça descend trop vite! dit Carole
- Grouille putain ! ET FERME LA PORTE !! Ca pue... C'est infect! Faut que tu te fasses soigner, c'est pas normal que ça pue autant... rajouta Léo.
Carole sortit des toilettes aussi blanche qu'un cachet d'aspirine.
- POUAH, t'as pas tiré la chasse pauvre conne ! dit Catherine.
Jonathan essaya tant bien que mal de faire couler l'eau mais ce fut impossible. Tout le loft s'imprégnait de cette odeur irrespirable. Laetitia retenait son ventre de toutes ses forces et finit par aller dans le jardin. Ce loft devenait de plus en plus dégradant. L'heure tournait et la chasse aux porcs commençait à angoisser tous les habitants de cette maison. Le soir, l'effet du « laxatif fantôme » se dissipa ainsi que l'odeur nauséabonde provenant des toilettes. Les lofteurs commencèrent seulement à réfléchir à la course-poursuite de cette nuit.
Le bip du haut-parleur commençait le décompte. La chasse était bientôt ouverte. « 5 – 4 – 3 - 2 – 1 ... 00h, et que la force porcine soit avec vous ! » Les groupes se formaient déjà. Lamia et Laetitia, Catherine et Jonathan, Omy et Paul, Léo et Markus et enfin Julien et Carole. Ils prirent tous une direction différente pour trouver le plus de porcs et décidèrent de se donner rendez-vous toutes les heures jusqu'à sept heures du matin.
- Putain Omy tu sens le porc ! se permit de dire Paul.
- Cimer ducon ! Un jour quelqu'un va te buter ta face de couillon tu sais. Je te dis ça je te dis rien hein !
- Ouais, et puis je vais mourir ce soir bouffé par des saucissons ambulants. Laisse-moi rire s'te plait !
Soudain un craquement de branche retentit derrière eux.
- T'es con gars ! C'est toi qui as fait ce bruit ?
- T'es parano Paul... Tes parents n'ont vraiment pas eu de chance.
Une ombre apparut derrière Omy qui, lui, ne la voyait pas.
- Om... O...
- OMY ? OUI, C'EST MOI! Qu'est ce que tu veux p'ti con ? AAAAAAAH..!
L'Ombre se dirigea vers Paul et laissa Omy courir à toutes jambes et tomber de temps à autre. Paul resta tétanisé face à l'ampleur de la chose. Ce n'était pas « humain », c'était anormalement noir, et épais. Cette Ombre avait en main une longue planche en bois, on aurait dit une batte. Paul sentit la masse cogner sa boîte crânienne vide et ses jambes lâcher et il fit une dernière prière sachant que sa vie s'arrêtait bien aujourd'hui. L'Ombre le traîna jusqu'au trou creusé dans le jardin du loft. N'étant pas tout à fait inconscient, il sentit sa tête plonger dans un mélange épais et puant. Il s'évanouit lorsqu'il se rendit compte de l'horreur. Une fois sa victime enrobée dans cet alliage d'excréments, Elle la transporta dans la forêt et laissa faire aux rats leur travail. Pendant qu'ils se régalaient, Elle regardait les lambeaux de chair disparaître petit à petit sous les attaques incessantes des rongeurs qui ne se lassaient pas de claquer des dents après chaque bouchée comme lorsqu'un chat ronronne de plaisir.
Omy courait et était essoufflé. « Faudrait que j'arrête de fumer » se dit-il. Il se rendit au point de contrôle et décida d'attendre le retour des autres. Il ne faisait pas chaud, le vent soufflait de plus en plus fort. Il alla prendre un pull dans sa chambre et un paquet de cigarettes. Lorsqu'il monta les escaliers, il jeta un coup d'oeil dehors et vit Catherine revenir seule de la forêt.
- Omy ? dit-elle.
- Oh merde si tu savais ce qui s'est passé...
Omy lui raconta son récit et fut étonné de la réaction de sa confidente.
- Ouais, c'est sûrement une blague ! dit-elle avec humour.
- Une blague ? Ce gars avait une massue ! Tu crois qu'il allait faire quoi avec ?
Catherine le regarda droit dans les yeux et lui dit d'aller dormir et que Paul reviendra dans la soirée. Elle repartit et déposa son sac dans l'entrée.
- Pourquoi t'as un sac ? cria Omy.
Trop tard, Cath avait déjà pris la porte et n'entendit pas ce qu'il lui dit. Omy ouvrit le sac et prit une nouvelle résolution : arrêter ses mélanges d'alcool et de médicaments. Il ouvrit la porte et rejoignit Cath.
Lamia et Laetitia attendaient les autres groupes avec Julien et Carole. Elles avaient trouvé un porc et en étaient très fières. Carole embrassait Julien à pleine bouche pendant qu'il la pelotait de haut en bas... bien bas. Dégoûtées de ce spectacle, elles décidèrent de faire un tour dans le jardin. Après un instant assez court, les deux amoureux entendirent leurs amies crier.
- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH MON DIEU !!! cria-t-elle.
- SA RACE MERDE !!! continua Lamia.
Julien et Carole accoururent et virent le début de l'horreur. Il y avait sur le sol une traînée de bouse. Carole vit un rat et se réfugia dans les bras de son amant. Lamia remit son dîner et Laetitia fit de même. Ils n'osaient plus faire un pas. Lorsque les autres vinrent, ils se rendirent compte de l'horrible spectacle. Paul manquait au rendez-vous et Omy raconta ce qui leur était arrivé. Après la reprise de tous les esprits, Markus essaya de se rassurer et proposa d'aller voir où menait cette traînée infecte. Il ouvrit la marche et fut suivit par Léo et Lamia.
- Qu'est ce que je t'avais dit ? Hein ? C'est toujours une blague ? s'écria Omy.
- Mon dieu, c'est quoi ce délire... murmura Cath.
Les rats avaient presque fini leur repas et commençaient à se disperser peu à peu. Tout le groupe était sous le choc. Il voyait là, en face d'eux, le corps de Paul ou du moins ce qu'il en restait, Paul l'emmerdeur, le parasite comme ils l'appelaient. Ils étaient tous sous le choc mais Lamia finit par reprendre ses esprits et ne chercha pas à comprendre quoi que ce soit.
- Il doit être 3h du mat. Je propose qu'on l'enterre comme il se doit et que l'on prévienne la production.
- Je vais appeler cette bande de monstres, dit Carole.
Lamia désigna les garçons qui creuseront la tombe de ce pauvre Paul. Markus et Jonathan allèrent chercher les pelles pendant que Julien et Léo déplaçaient le corps pour le nettoyer un minimum. Carole revint affolée. Le téléphone était coupé. Omy décida alors de vérifier si les caméras fonctionnaient mais ses espoirs furent vite dissipés. L'alarme qui servait en cas de panne était désactivée. Quelqu'un cherchait à leur jouer un mauvais tour.
- Il faudrait un miracle pour que quelqu'un passe par ici, dit Laetitia à Omy.
- Merci de nous rassurer! répondit Markus.
- En plus on est en pleine forêt. On a mis combien de temps déjà ?
- Putain tu vas la fermer ? cria Léo.
Les garçons commencèrent à creuser. Etrangement, tout le monde avait la gorge serrée et ne dit mot. Les filles nettoyèrent le loft et vidèrent le trou à l'aide de l'aspirateur. Vers 8h du matin, tout était propre, Paul était enterré et tout le monde était stressé.
- Je l'ai vue j'te dis ! Elle avait la massue dans le sac ! se mit à dire Omy.
- Mais arrête de délirer mon petit ! Faut arrêter le joint le soir ! lui répondit Jon.
- Mais putain je l'ai vue...
- T'étais encore sous le choc Omy ! T'en fais pas, quelqu'un viendra. dit Jon optimiste.
Catherine passait par-là et Omy lui jeta un regard froid et psychotique.
- Y'a quelque chose qui va pas ? dit Cath intriguée.
- Rien qui ne t'intéresse pour l'instant.
Elle continua sa route tout en le fixant et claqua la porte. « Si cette porte tient encore le coup, je veux bien plonger dans la mare aux cochons !!! » pensa Jon.
- OUAAAAAAAAAAAIS !
- Alors, la connexion est-elle établie ? Allô le loft ? Allô ? ... On me prévient qu'il y a un problème de liaison avec le loft. Mais ce n'est pas grave ! On se retrouve après la page de pub ! Ne quittez pas !
Le prompteur s'arrêta et Inês demanda ce qui se passait. On lui répondit qu'il y avait un problème de connexion avec le loft mais qu'il serait réglé d'un instant à l'autre. Elle alla dans sa loge et s'affala dans le fauteuil. Cette émission commençait déjà à lui taper sur le système. « Si ça se trouve ces malades de lofteurs ont coupé les caméras. S'ils sont là-dedans, c'est pas pour rien, ce sont des dérangés psychologiques... » se dit notre animatrice. Après l'annonce officielle de l'arrêt de l'émission de ce soir pour cause de problèmes techniques, elle retourna chez elle. En ouvrant le frigo, malheur !, il ne restait plus que des fishsticks de Findus et des Aiki Noodles. Alors, avec ses baskets Nike, elle s'affala sur le divan où elle dégusta ce mélange peu appétissant devant sa télévision Sony. Elle n'était décidément pas motivée pour cette émission.
Julien et Carole s'étaient enfermés dans la Salle Sans Micro ni Caméra. Cela faisait maintenant une heure et demie qu'ils y étaient. Tout le monde avait déjà compris ce qui se passait entre eux, il suffisait de les regarder. Carole avait jeté son dévolu sur lui depuis le début de cette aventure qui les conduisait à leur perte.
Lorsqu'ils sortirent, ils ne furent pas étonnés de voir tous ces regards posés sur eux.
- Vous n'avez jamais vu un couple de votre vie ou quoi ? s'écria Carole toute excitée.
- On n'a jamais vu deux glands en couple... se contenta de répondre Jonathan.
- Tu ferais mieux de la fermer Monsieur j'ai peur des cochons ! se mit à crier Catherine.
Durant les nombreux jours passés dans le loft, les épreuves s'enchaînaient sans relâche. Les candidats avaient dû affronter une épreuve qui relève des plus sévères entraînements de l'armée américaine : égorger un animal pour survivre en milieu hostile. Jonathan détestait les cochons. Si on lui avait demandé de tuer Paul ou Julien ou encore Carole, ça ne l'aurait pas dérangé mais un cochon... Depuis son plus jeune âge, il avait une peur monstre des porcs parce qu'il eut le malheur de tomber dans leur enclot chez ses grands-parents. Après la remarque de Cath, il monta dans sa chambre et écouta un de ses nombreux cd.
Omy et Lamia étaient dans la salle de bain. Elle prenait un bain et lui une douche, la salle de douche des garçons étant occupée.
- T'as des belles fesses mon p'tit chéri ! dit Lamia en riant.
- T'en as pas marre de mater mon beau petit cul ?
- Jamais mon amour !!! dit Léo en entrant dans la pièce.
Léo avait une petite habitude bien à lui, il adorait prendre les essuies des filles. « Plus doux donc moins agressifs avec la peau » disait-il.
- Lamia, je te prends ton essuie ok ? Merci ! dit Léo tout en s'éclipsant.
- Hé PUTAIN MON ESSUIE J'EN AI PAS D'AUTRE CONNARD !
Lamia cria à l'aide au grand désespoir d'Omy. Laetitia accourut à son secours et lui donna ce dont elle avait besoin. Elle était vraiment trop bonne...
La Lettre arriva dans la boîte et ils étaient tous assis sur leur chaise à attendre la prochaine « Bloody Mission » Markus qui était bien calme se mit à trembler lorsqu'il commença à lire à voix haute.
- ... Et vous devrez attraper les cochons que vous n'avez pas encore égorgés qui, à l'heure qu'il est, sont dans la forêt. La chasse commencera à minuit tapante.
Ils se regardaient tous, la peur se lisait dans leurs yeux. La forêt, les cochons, la nuit, ils perdraient sûrement cette mission. Ils étaient tous démotivés et Paul afficha son désespoir le premier en cognant dans la porte de la salle à manger. Markus se précipita aux toilettes et Omy alla se griller une cigarette en compagnie de Catherine et Carole sur la terrasse. Lamia et Laetitia se regardèrent et se mirent à rigoler. Quant à Julien, il regardait avec compassion celles qu'il surnommait « les soeurs poubelles ». Décidément, l'amour ne régnait plus dans cette demeure paisible et sans histoire.
- Tu sais Julien, je sens que quelque chose va se passer, quelque chose de pas gai, dit Carole.
- Ouais, encore une mission de merde ! Demain, c'est la chasse aux cochons... Ca promet !
- On va se faire des travers de porc rôtis, slurp ! lui répondit-elle.
- Me fais pas vomir s'il te plaît... Bonne nuit et essaie de garder tes mains chez toi cette fois! Je suis fatigué.
Le lendemain matin, tous les participants eurent d'affreuses douleurs au ventre. Ils finirent par tous se retrouver à faire la file pour les toilettes. Léo eut la merveilleuse idée de creuser un trou dans le jardin pour les envies très très pressantes.
- Putain, c'est quoi ce bordel ? se mit à crier Jon.
- Mmmmh je sais mmmmmmh pas ! Oh merde ça descend trop vite! dit Carole
- Grouille putain ! ET FERME LA PORTE !! Ca pue... C'est infect! Faut que tu te fasses soigner, c'est pas normal que ça pue autant... rajouta Léo.
Carole sortit des toilettes aussi blanche qu'un cachet d'aspirine.
- POUAH, t'as pas tiré la chasse pauvre conne ! dit Catherine.
Jonathan essaya tant bien que mal de faire couler l'eau mais ce fut impossible. Tout le loft s'imprégnait de cette odeur irrespirable. Laetitia retenait son ventre de toutes ses forces et finit par aller dans le jardin. Ce loft devenait de plus en plus dégradant. L'heure tournait et la chasse aux porcs commençait à angoisser tous les habitants de cette maison. Le soir, l'effet du « laxatif fantôme » se dissipa ainsi que l'odeur nauséabonde provenant des toilettes. Les lofteurs commencèrent seulement à réfléchir à la course-poursuite de cette nuit.
Le bip du haut-parleur commençait le décompte. La chasse était bientôt ouverte. « 5 – 4 – 3 - 2 – 1 ... 00h, et que la force porcine soit avec vous ! » Les groupes se formaient déjà. Lamia et Laetitia, Catherine et Jonathan, Omy et Paul, Léo et Markus et enfin Julien et Carole. Ils prirent tous une direction différente pour trouver le plus de porcs et décidèrent de se donner rendez-vous toutes les heures jusqu'à sept heures du matin.
- Putain Omy tu sens le porc ! se permit de dire Paul.
- Cimer ducon ! Un jour quelqu'un va te buter ta face de couillon tu sais. Je te dis ça je te dis rien hein !
- Ouais, et puis je vais mourir ce soir bouffé par des saucissons ambulants. Laisse-moi rire s'te plait !
Soudain un craquement de branche retentit derrière eux.
- T'es con gars ! C'est toi qui as fait ce bruit ?
- T'es parano Paul... Tes parents n'ont vraiment pas eu de chance.
Une ombre apparut derrière Omy qui, lui, ne la voyait pas.
- Om... O...
- OMY ? OUI, C'EST MOI! Qu'est ce que tu veux p'ti con ? AAAAAAAH..!
L'Ombre se dirigea vers Paul et laissa Omy courir à toutes jambes et tomber de temps à autre. Paul resta tétanisé face à l'ampleur de la chose. Ce n'était pas « humain », c'était anormalement noir, et épais. Cette Ombre avait en main une longue planche en bois, on aurait dit une batte. Paul sentit la masse cogner sa boîte crânienne vide et ses jambes lâcher et il fit une dernière prière sachant que sa vie s'arrêtait bien aujourd'hui. L'Ombre le traîna jusqu'au trou creusé dans le jardin du loft. N'étant pas tout à fait inconscient, il sentit sa tête plonger dans un mélange épais et puant. Il s'évanouit lorsqu'il se rendit compte de l'horreur. Une fois sa victime enrobée dans cet alliage d'excréments, Elle la transporta dans la forêt et laissa faire aux rats leur travail. Pendant qu'ils se régalaient, Elle regardait les lambeaux de chair disparaître petit à petit sous les attaques incessantes des rongeurs qui ne se lassaient pas de claquer des dents après chaque bouchée comme lorsqu'un chat ronronne de plaisir.
Omy courait et était essoufflé. « Faudrait que j'arrête de fumer » se dit-il. Il se rendit au point de contrôle et décida d'attendre le retour des autres. Il ne faisait pas chaud, le vent soufflait de plus en plus fort. Il alla prendre un pull dans sa chambre et un paquet de cigarettes. Lorsqu'il monta les escaliers, il jeta un coup d'oeil dehors et vit Catherine revenir seule de la forêt.
- Omy ? dit-elle.
- Oh merde si tu savais ce qui s'est passé...
Omy lui raconta son récit et fut étonné de la réaction de sa confidente.
- Ouais, c'est sûrement une blague ! dit-elle avec humour.
- Une blague ? Ce gars avait une massue ! Tu crois qu'il allait faire quoi avec ?
Catherine le regarda droit dans les yeux et lui dit d'aller dormir et que Paul reviendra dans la soirée. Elle repartit et déposa son sac dans l'entrée.
- Pourquoi t'as un sac ? cria Omy.
Trop tard, Cath avait déjà pris la porte et n'entendit pas ce qu'il lui dit. Omy ouvrit le sac et prit une nouvelle résolution : arrêter ses mélanges d'alcool et de médicaments. Il ouvrit la porte et rejoignit Cath.
Lamia et Laetitia attendaient les autres groupes avec Julien et Carole. Elles avaient trouvé un porc et en étaient très fières. Carole embrassait Julien à pleine bouche pendant qu'il la pelotait de haut en bas... bien bas. Dégoûtées de ce spectacle, elles décidèrent de faire un tour dans le jardin. Après un instant assez court, les deux amoureux entendirent leurs amies crier.
- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH MON DIEU !!! cria-t-elle.
- SA RACE MERDE !!! continua Lamia.
Julien et Carole accoururent et virent le début de l'horreur. Il y avait sur le sol une traînée de bouse. Carole vit un rat et se réfugia dans les bras de son amant. Lamia remit son dîner et Laetitia fit de même. Ils n'osaient plus faire un pas. Lorsque les autres vinrent, ils se rendirent compte de l'horrible spectacle. Paul manquait au rendez-vous et Omy raconta ce qui leur était arrivé. Après la reprise de tous les esprits, Markus essaya de se rassurer et proposa d'aller voir où menait cette traînée infecte. Il ouvrit la marche et fut suivit par Léo et Lamia.
- Qu'est ce que je t'avais dit ? Hein ? C'est toujours une blague ? s'écria Omy.
- Mon dieu, c'est quoi ce délire... murmura Cath.
Les rats avaient presque fini leur repas et commençaient à se disperser peu à peu. Tout le groupe était sous le choc. Il voyait là, en face d'eux, le corps de Paul ou du moins ce qu'il en restait, Paul l'emmerdeur, le parasite comme ils l'appelaient. Ils étaient tous sous le choc mais Lamia finit par reprendre ses esprits et ne chercha pas à comprendre quoi que ce soit.
- Il doit être 3h du mat. Je propose qu'on l'enterre comme il se doit et que l'on prévienne la production.
- Je vais appeler cette bande de monstres, dit Carole.
Lamia désigna les garçons qui creuseront la tombe de ce pauvre Paul. Markus et Jonathan allèrent chercher les pelles pendant que Julien et Léo déplaçaient le corps pour le nettoyer un minimum. Carole revint affolée. Le téléphone était coupé. Omy décida alors de vérifier si les caméras fonctionnaient mais ses espoirs furent vite dissipés. L'alarme qui servait en cas de panne était désactivée. Quelqu'un cherchait à leur jouer un mauvais tour.
- Il faudrait un miracle pour que quelqu'un passe par ici, dit Laetitia à Omy.
- Merci de nous rassurer! répondit Markus.
- En plus on est en pleine forêt. On a mis combien de temps déjà ?
- Putain tu vas la fermer ? cria Léo.
Les garçons commencèrent à creuser. Etrangement, tout le monde avait la gorge serrée et ne dit mot. Les filles nettoyèrent le loft et vidèrent le trou à l'aide de l'aspirateur. Vers 8h du matin, tout était propre, Paul était enterré et tout le monde était stressé.
- Je l'ai vue j'te dis ! Elle avait la massue dans le sac ! se mit à dire Omy.
- Mais arrête de délirer mon petit ! Faut arrêter le joint le soir ! lui répondit Jon.
- Mais putain je l'ai vue...
- T'étais encore sous le choc Omy ! T'en fais pas, quelqu'un viendra. dit Jon optimiste.
Catherine passait par-là et Omy lui jeta un regard froid et psychotique.
- Y'a quelque chose qui va pas ? dit Cath intriguée.
- Rien qui ne t'intéresse pour l'instant.
Elle continua sa route tout en le fixant et claqua la porte. « Si cette porte tient encore le coup, je veux bien plonger dans la mare aux cochons !!! » pensa Jon.